Le Complexe du Musée National de Beyrouth_Elias El Soueidi

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Sur une rue témoignant d’une effervescence institutionnelle et culturelle, le musée national se perd dans un amalgame ravageant.Malgré les efforts entretenus pour recoudre le tissu traversé par les voies rapides via l’aménagement des tunnels, le site du musée reste déconnecté de la ville par le boulevard Pierre el Gemayel.

Ne reflétant guère l’architecture libanaise, le musée par son architectonique marquée de ce portique, ces colonnades et cette modénature parait plus égyptien que libanais.

Les chiffres officiels probablement gonflé sont alarmant, rien que 259 045 personnes auraient visité le musée national en 2006, alors que toute proportion gardée,  la même année, le musée du quai Branly à Paris avait enregistré quelques 1 452 000 visiteurs, au moment où Pétra enregistre 310 271 visiteurs par an, (d’après leurs sites officiels). Localement, d’après le commerce du levant, le musée national reçoit moins de visiteurs que le site touristique de Baalbek.

Ces chiffres et constats nous incite à sauver notre musée national qui se noie dans son passé archéologique. Le musée n’offre pas un espace public agréable à la perception de la ville et à son image urbaine. Le parvis demeure absent.

Comment redonner la gloire iconique à la place du musée national ?

L’architecture, introduisant de nouvelles collections libanaises allant jusqu’à la période contemporaine, s’implantera dans une logique urbaine où le tracé de la place du musée se redéfinit, le parvis se juxtapose au complexe muséal. La logique de ce complexe mute pour donner de l’âme au parvis qui devient atrium de réception, rotule du complexe, absorbant les individus dans un parcours articulé desservant les nouvelles galeries conçues, l’annexe archéologique existante, et le jardin du musée. La conception devient entité iconique, métamorphosant les aspects existants, identitaire de l’entourage s’intégrant dans le caractère urbain de la ville, son historique et ses besoins publics.


L’architecture d’aujourd’hui, les enjeux de demain

L’architecture d’aujourd’hui, les enjeux de demain

 

“Machine à habiter”, agglomération urbaine, forme et espace, fonctions ; différents paramètres accordant à l’architecture le rôle d’organisateur de nos vies. En ville ou en campagne, l’architecture intervient dans notre vie quotidienne, la modifie, vers le meilleur ou vers le pire. Cette responsabilité remonte alors aux architectes qui auront pour tâche de prendre en compte les différents paramètres qui pivotent autour de l’architecture. Nous nous engagerons alors dans une étude afin de mettre au point les espaces de demain à partir de ce qui émerge aujourd’hui.

Le XXIe millénaire voit la fin des énergies naturelles non renouvelables s’approcher. En parallèle, le taux de pollution augmente radicalement, les spécialistes commencent à estimer la durée de vie du pétrole existant dans la péninsule arabe et le reste du monde. Les chiffres ne paraissent pas rassurants. La crise débute et les remèdes ne sont pas évidents. Les sources renouvelables semblent être la solution la plus efficace qui n’affecte pas la consommation énergétique. Leur utilisation dans le domaine de construction offre à l’architecture de nouvelles façons de penser. L’architecture pense alors son installation par rapport à l’environnement, son cycle. On pense l’orientation, l’ensoleillement, l’énergie à consommé, des solutions pour la réduire. L’architecture écologique se voit se développer pour obéir aux différents paramètres d’économie énergétique. Aujourd’hui, le bâtiment écologique devient un concept de construction où l’environnement dépasse l’Homme en termes d’importance. L’architecture se conçoit alors pour répondre à un certains nombres de critères établis par des organisations comme LEED qui offre une série de paramètres auxquels l’architecture devra répondre. L’usage de l’eau et son ré-usage, l’installation des panneaux solaires, l’orientation sont quelques exemples de bases de ces critères. Green Architecture, Architecture et développement durable, des termes qui envahissent aujourd’hui les projets, des promesses architecturales comme solutions pour l’environnement de demain, une idéologie où l’environnement et son développement prennent place avant tout. La technique envahit l’architecture par ses créations.

Certes les gestes de demain semblent dépendre de l’environnement et de toutes les technologies qui en résulte. Il ne faut sûrement ne pas oublier les fonctions numériques de la technique qui permet à l’architecture surveiller, visiter, modifier la pièce digitalement sans aucun contact physique. Mais, l’ordinateur ne participe pas à l’architecture du point de vue technique uniquement. On témoigne aujourd’hui de la conception assistée par ordinateur.

L’Architecture digitale, numérique, paramétrique, plusieurs nominations pour « l’ordre architectural XXIe siècle», définit par Patrick Schumacher, partenaire fondateur de Zaha Hadid Architects. La paramétrique, un mouvement architectural qui se base sur la conception assistée par ordinateur suivant un pattern précis répété en fonction de variables et de suites mathématiques, créant forme et structure. Cette architecture n’est possible que par le développement de programmes de modélisation, 3ds MAX, Maya, Grasshoopper… Ce nouveau style envahit le marché de l’architecture, malgré les grandes critiques qui l’attaquent, nous ne pouvons nier son charme à attirer nos yeux.

« Parametricism is a mature style. That the parametric paradigm is becoming pervasive in contemporary architecture and design is evident for quite some time. There has been talk about versioning, iteration and mass customization etc. for quite a while within the architectural avant-garde discourse». Patrick Schumacher

Cette architecture obéit à un système de processus de modélisation que nous citerons rapidement : L’inter-articulation des sous-systèmes, l’accentuation, représentation formelle et urbaine. Ces processus permettent grâce à la manipulation des paramètres de l’ordinateur de modeler les formes et scander les espaces.

Ces perspectives renouvellent avec force les questionnements culturels et moraux portant sur les nouveaux rôles et statuts de l’architecture dans le contexte de la ville interactive et de la société de l’information. Elles interrogent aussi les potentiels comme les limites des innovations technologiques, les illusions et contradictions sociales et politiques qu’elles véhiculent portées par la prégnance grandissante des réseaux de communication sur le monde urbain. Sous cet angle, il faut rappeler que les réseaux numériques ne sont ni bons, ni mauvais. C’est leur usage qui peut être porteur d’améliorations en matière de bien-être ou de régressions sociales. La cité numérique nous promet-elle un avenir radieux ? Elle est un sous-produit de la société du risque, et, à ce titre, ses prolongements peuvent osciller entre le pire et le meilleur.

En somme, l’architecture, fortement relié aux conditions de l’Homme, dépend de lui, de ses innovations, son mode de vie, ses créations… D’une part, l’environnement nous pousse à intervenir dans l’architecture afin de le protéger, le respecter, les inventions techniques et technologiques nous pousse à être extrémiste dans nos gestes. De l’autre, l’architecture computationnelle offre aux architectes une possibilité de manipulation des formes et espaces non offertes auparavant.

Elias EL SOUEIDI